Plan National Climat

Présentation

La tenue de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, à Stockholm, en 1972, marque le début de la prise de conscience par les États des risques associés à une croissance économique essentiellement soutenue par l’utilisation incontrôlée des ressources et de l’espace, à l’échelle même de la terre, ou à celle d’un territoire donné. Suite à la tenue de cette conférence, le Gabon établit dès 1976, par voie de décret et ordonnance, la volonté de l’État d’encadrer les pratiques en matière d’environnement, de protection de la nature et de contrôle des pollutions. Il se dote, par la suite, d’un cadre légal et institutionnel témoignant de sa volonté d’inscrire son développement sur des bases porteuses et susceptibles de limiter les risques encourus par l’exploitation de ses ressources naturelles. Le pays adhère ainsi à plusieurs conventions internationales relatives à des problématiques environnementales qui le préoccupent. Il sera partie à de nombreux accords multilatéraux sur l’environnement (AME), notamment en matière de protection du milieu marin et côtier et des zones humides (Ramsar, 1971), de protection du patrimoine mondial culturel et naturel (Paris, UNESCO, 1972), de commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, 1973), de protection des espèces migratrices (Bonn, 1979), de droit de la mer (CNUDM, 1982), d’exploitation et de commerce des bois tropicaux (ITTA, 1983), de protection de la couche d’ozone (Vienne et Montréal, 1985, 1987), d’érosion côtière (Abidjan, 1989), de mouvements transfrontaliers et d’élimination des déchets dangereux (Bâle, 1989), et de plusieurs autres problématiques d’intérêt commun. Le pays participe aussi, au cours de cette période, à plusieurs programmes régionaux et internationaux ayant trait à la saine gestion des ressources et à la protection de l’environnement. De plus en plus sensible aux problématiques environnementales, et souhaitant s’impliquer de manière encore plus marquée dans la gestion responsable de ses ressources naturelles, le Gabon se dote, en 1985, d’un Ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature.

Il aura fallu dix ans, et la publication préalable, par la Commission mondiale sur l’environnement de l’Organisation des Nations Unies (ONU), du rapport « Notre avenir à tous » (Rapport Brundtland – 1987), pour que soit introduite et adoptée la notion de « développement durable » lors du Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992. Immédiatement après la tenue du Sommet de la Terre (1992), le gouvernement gabonais adopte une Loi relative à la protection et à l’amélioration de l’environnement (1993) et se dote, au cours des années suivantes, de plusieurs Codes régissant les pratiques quant à l’exploitation de ses ressources naturelles. Il fait aussi partie des pays signataires des grandes conventions issues du Sommet de la Terre quant à la diversité biologique, au changement climatique et à la désertification. En 1998, l’action de l’État est placée dans le cadre d’un Pacte National de Solidarité et de Développement (PNSD), ce qui permettra, entre autres, au pays, d’être retenu comme hôte du Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement sur la croissance et la réduction de la pauvreté, et d’affirmer, avec encore plus de conviction, son engagement envers le développement durable. Suite à la tenue de ce Sommet, le Gabon s’est doté d’une stratégie de réduction de la pauvreté, fondée sur la vision de ce que devrait être le Gabon en 2025. Cela, avant même que ne soit tenu, en 2002, le Sommet mondial du développement durable à Johannesburg. Non seulement le Gabon fait-il ainsi figure de bon élève en matière de développement durable, mais il compte déjà parmi les pays les plus engagés à inscrire leur développement dans cette perspective.

En fait, depuis l’avènement du Sommet de la Terre (1992), le Gabon n’a jamais cessé de s’intéresser à la problématique du développement durable et de tenter d’en comprendre et gérer les tenants et aboutissants sur le territoire national. Cet effort s’avérait d’autant plus nécessaire et complexe que l’économie du pays repose largement sur l’exploitation des ressources naturelles, ayant pour conséquence une structure économique où le secteur primaire occupe une place prépondérante, étant donné l’importance des activités et des revenus engendrés par l’exploitation pétrolière, minière et forestière. Compte tenu de cette situation, et afin d’établir des politiques adéquates, les Pouvoirs publics s’en sont remis aux avis éclairés du Conseil Économique et Social (CES) (1963) dont l’assemblée consultative a pour mission de concourir à la bonne gestion du pays en matière de développement économique, social et culturel, d’exploitation des ressources naturelles et de protection de l’environnement.

Depuis lors, les politiques, les stratégies de développement et le cadre institutionnel et légal se sont ajustés aux circonstances définies par les avancées sur le plan de la connaissance des milieux naturel et humain, des exigences du maintien des équilibres écologiques, sociaux et économiques, et des ambitions de développement et d’amélioration du cadre de vie de la population gabonaise souhaitées par l’État.

Les manifestations les plus récentes de la volonté de l’État gabonais d’asseoir son développement sur les principes du développement durable résultent dans l’adoption d’une Politique nationale de développement durable que traduisent le Plan stratégique Gabon émergent : Vision 2025 (PSGE), en gestation depuis 2009 et proposé aux citoyens gabonais par le Chef de l’État en 2012, et la promulgation simultanée de deux lois pour en encadrer la mise en œuvre : la Loi portant orientation du développement durable en République gabonaise (2014) et la Loi relative à la Protection de l’environnement en République gabonaise (2014), en remplacement de la Loi portant Code de l’environnement (1985) déjà vielle d’une trentaine d’années. Le PSGE propose une vision, des orientations et des axes stratégiques d’intervention qui s’appuient sur les principes du développement durable qui en deviennent la fondation première. En cela, la gestion durable des ressources naturelles et de l’espace, la prise en compte des changements climatiques qui menacent de nombreux équilibres établis et les patrimoines nationaux, de même que le partage des responsabilités entre l’État, ses institutions, les opérateurs économiques et tous les Gabonais, constituent désormais le fondement principal de la stratégie retenue pour que le Gabon atteigne l’émergence en 2025.

On peut donc considérer que l’attitude progressiste et l’engagement précoce et soutenu de l’État gabonais dans la recherche des meilleures conditions pour assurer son développement harmonieux et durable en fait aujourd’hui une figure de proue en matière de développement durable, à l’échelle de l’Afrique et des pays dont l’économie repose largement sur l’exploitation de ressources premières.

UN POSITIONNEMENT COURAGEUX 

Mettre en avant les principes du développement durable demande du courage du fait des préjugés encore persistants dans la classe politique, chez plusieurs opérateurs économiques et dans la population en général, à l’effet que l’adoption de ces principes ne pourra que ralentir le développement en faisant fuir les investisseurs, ou en exposant l’industrie et le commerce à des embuches ou à des risques susceptibles d’en limiter ou réduire la performance. Ceux-là n’ont pas compris qu’à l’inverse, l’économie d’un pays ne peut engendrer de véritable croissance si elle opère en vase clos, n’ont plus qu’elle ne peut ignorer que l’éthique et les conditions d’entrée sur les marchés internationaux ne cessent d’évoluer pour mieux traduire le besoin désormais inéluctable de placer la croissance et le développement dans une perspective de long terme et de durabilité. Le Gabon appartient au peloton de tête à ce niveau.

LA DURABILITÉ ET SES EXIGENCES 

Le « développement durable » repose sur la prise en compte combinée des aspects économiques, écologiques et sociaux de la réalité que définit une entité territoriale, pour y mettre en œuvre une stratégie globale de développement susceptible de permettre aux générations qui y évoluent, actuelles et futures, de répondre à leurs propres besoins. Inscrire le développement dans la durée comporte ses exigences. Ces dernières peuvent être calquées sur celles que commande la gestion durable de l’environnement naturel et humain :

  • La gestion de l’environnement procède d’une responsabilité collective à partager;
  • La gestion de l’environnement commande une approche globale et systémique;
  • La gestion de l’environnement s’appuie sur la connaissance appropriée des milieux naturel et humain;
  • La gestion de l’environnement est un exercice permanent qui ne connaît aucun répit.

La première de ces exigences est la plus fondamentale, mais aucune d’elles ne peut être dissociée de l’ensemble qu’elles constituent. La stratégie de développement durable développée par l’État gabonais repose sur ces principes qui la rendent si pertinente et lui confèrent un niveau de cohérence interne exceptionnel. Cela dit, assurer le partage effectif des responsabilités entre l’État, ses institutions, les opérateurs économiques et les citoyens, maintenir une approche globale et systémique à la mise en œuvre de la stratégie, acquérir les niveaux de connaissance appropriée des milieux naturel et humain, et déployer, sans faillir, les efforts nécessaires pour y arriver constituent un défi de taille pour quiconque emprunte cette voie. Cela dit, la constance reconnue dans les efforts déployés par l’État gabonais au cours des ans pour tirer le meilleur profit de ses ressources, le haut niveau de partage de la vision que propose la stratégie nationale de développement durable, de même que la pertinence du cadre légal et institutionnel mis en place pour orienter, coordonner et encourager la marche vers les objectifs établis, sont autant de gages de la profondeur de l’engagement du Gabon envers le développement durable et du succès anticipé de son projet de société.

UNE DÉMARCHE UNIQUE ET EXEMPLAIRE 

Cinq facteurs rendent unique et exemplaire la démarche suivie par le Gabon pour assurer son développement durable :

  • La longue gestation de la vision et de l’objectif global poursuivi, finalement proposés en 2012 aux Gabonais par le Chef de l’État comme projet de société : Le Gabon émergent.
  • La complémentarité des assises légales retenues pour orienter, encourager et assurer le maintien des efforts à déployer, tant au niveau de la saine gestion de l’environnement que du développement durable lui-même.
  • La modernisation de l’appareil étatique et son ajustement aux exigences de la gestion du développement durable par la création d’un organe qui lui est dédié, par la création de structures de conseil en matière de développement durable, de changement climatique, de diversité biologique et d’affectation des terres, par la création d’un fonds de développement durable et par la création, dans tous les ministères, d’une direction centrale de l’environnement.
  • La mise en place d’outils novateurs, susceptibles d’encourager la responsabilisation sociale et environnementale, tant chez les structures étatiques que chez les opérateurs économiques;
  • L’obligation de rapporter quant à l’état de l’environnement et du développement durable.

PLAN NATIONAL CLIMAT

À cheval sur l’équateur, le Gabon est situé sur la côte occidentale de l’Afrique centrale entre les latitudes de 4°S à 3°N. Les plaines côtières du Gabon continuent jusqu’à environ 300 Kms à l’intérieur des terres, au-delà desquelles un certain nombre de massifs montagneux s’élèvent. Le climat est de type tropical humide, avec une moyenne annuelle des températures hautes autour de 25 à 27°C dans les plaines côtières, et de 22 à 25°C à l’intérieur et une saison humide comprise entre Octobre et Mai, avec une précipitation mensuelle de 200 à 250 millimètres.

Le présent Plan National Climat est un plan stratégique, comprenant :

  • un état des lieux et les stratégies de développement à court et moyen terme des secteurs d’activités ayant un fort impact sur les changements climatiques (bilan carbone, empreinte énergétique);
  • les stratégies sectorielles de maîtrise des émissions de GES ;
  • la stratégie d’adaptation du territoire aux effets des changements climatiques ;
  • le dispositif de mise en œuvre et de suivi des actions du plan climat ;
  • les options majeures de financement du plan.

Le plan national climat est un des éléments du PSGE qui incarne un changement de paradigme caractérisé par la diversification économique, la création de la valeur ajoutée par la transformation des ressources, le développement du capital humain…. Il préconise e en priorité des fondements suivants:

  • le développement des infrastructures économiques et sociales modernes ;
  • le renforcement de la gouvernance institutionnelle et l’amélioration de la gouvernance économique ;
  • l’amélioration de la compétitivité de l’économie gabonaise parla baisse des coûts des facteurs mais aussi,
  • le développement du Capital humain avec une ambition nouvelle pour l’école, la création de pôles d’excellence, une formation accessible au plus grand nombre et orientée plus orientée vers les compétences. V)un cadre rénové des affaires qui renforcera l’attrait du Gabon pour les investisseurs privés , grâce à la restructuration des institutions d’appui au secteur privé et à la création de Zones Économiques Spéciales facilitant l’implantation des entreprises, mutualisant des services et délivrant des prestations aux standards internationaux de qualité.

Ces fondements vont recréer les atouts de compétitivité du Gabon. Ils porteront les piliers de la croissance durable de l’économie gabonaise que sont le Gabon Vert, le Gabon Industriel et le Gabon des Services.

Le partage plus équitable de la richesse créée et la politique de rattrapage des inégalités caractérisent le mieux la politique sociale du Chef de l’état. Elle consiste en un meilleur accès à des services de santé de qualité, une couverture sociale plus efficace, un accès universel aux services sociaux de base, un logement décent grâce à un développement volontaire d’une offre de logement privilégiant le volet social, l’accès à la terre.

La « Maison du Gabon Émergent » représente l’opérationnalisation du Gabon Émergent à travers une vingtaine de plans sectoriels relevant des piliers porteurs de la croissance et le toit qui symbolise la sécurité.
Deux principes majeurs sont mis en avant dans l’élaboration de ce plan :

  • D’abord, il s’agit de s’assurer d’une bonne connaissance du potentiel de ressources dont dispose le Gabon. Ce potentiel de ressources reste peu connu dans la plupart des secteurs phares de l’économie Gabonaise. C’est le cas pour les hydrocarbures, premier contributeur au PIB et aux recettes du pays, dont on ignore encore pour l’essentiel, le potentiel de l’offshore profond ; la forêt qui comprend plus de 300 espèces ligneuses dont à peine, une douzaine est connue et exploitée avec une seule essence emblématique, l’Okoumé qui représente 40% des exportations de bois gabonais. Dans les forêts tempérées par exemple, ce sont les ressources et leur diversité qui est considérée comme richesse et qui sert de barème pour la détermination de la valeur des permis d’exploitation. Il en est de même pour les mines, encore insuffisamment prospectés, malgré des indices sur une diversité de métaux de terres rares ;
  • Il y a aussi et surtout, le respect des principes du développement durable, de bonne gouvernance et d’équité intergénérationnelle dans l’utilisation des ressources naturelles du Gabon.

 

Secteur Forêt

Présentation

NOUVEAU CODE FORESTIER

Le code forestier du Gabon adopté en 2001 avait pris le cap d’une gestion durable de la filière Forêt-Bois, avec une claire orientation vers l’aménagement durable des exploitations forestières, l’industrialisation de la filière bois (75% de transformation locale du bois sur 10 ans), la conservation et la protection de la biodiversité et des écosystèmes.

Le Gabon dispose maintenant d’une cartographie complète de son couvert forestier pour les années de référence 1990 et 2000, et sur près de 40% de son territoire pour l’année 2010. Ce projet de l’Agence Spatiale Européenne (ASE) a été réalisé en partenariat avec la société SIRS (Systèmes d’Information à Référence Spatiale SAS) dans le cadre du projet GSE FM extension REDD. Cette cartographie a été réalisée grâce au traitement d’images Landsat pour les années 1990 et 2000 et d’images Landsat, ASTER, SPOT, RapidEye et AVNIR-2 pour 2010.

D’après cette étude, la forêt représente plus de 88% du territoire gabonais soit environ 23,7 millions d’hectares. Le taux de déforestation net entre 1990 et 2000 est établi à 0,026% par an pour les dix ans, soit une diminution d’un peu plus de 61 000 ha entre les deux dates. Ce taux est faible et reste inférieur aux estimations précédemment publiées notamment par la FAO. La déforestation brute est estimée à un peu plus de 100 000 ha et près de la moitié est due à l’exploitation forestière et à l’ouverture de routes alors que près d’un tiers de la déforestation est due à la conversion de la forêt en prairie/savane.

EVOLUTION DU COUVERT FORESTIER DANS LES FORETS TROPICALES DU MONDE DEPUIS 1990

Malgré le nombre croissant de permis forestiers depuis 1957, la forêt gabonaise est restée bien conservée, avec une perte de couvert forestier relativement faible (61 000 ha de forêts perdues de 1990 à 2000). Ce résultat montre que d’une manière générale, la forêt gabonaise est gérée sur des principes de développement durable.

PARCS NATIONAUX

En 2002, le Gabon a procédé aussi à la création de nouvelles aires protégées (voir carte 2011) après un processus national d’évaluation (13 nouveaux parcs nationaux), renforçant ainsi sa stratégie de préservation des forêts et de leur biodiversité.

INTERDICTION D’EXPORTATION DE GRUMES

Le volume de production des grumes est en moyenne de 3,4 millions de m3 par an, dont seulement 40% est transformé. Cependant, depuis 2010 une mesure gouvernementale interdit l’exportation des grumes suscitant ainsi d’importants projets de transformation du bois au Gabon.

Émissions

LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DU SECTEUR FORÊT-BOIS

L’inventaire des gaz à effet de serre dans le secteur des forêts prend en compte les domaines suivants :

  • les émissions/absorptions de CO2 liées aux changements des forêts et d’autres stocks boisés de biomasse ligneuse (CFASBBL),
  • les émissions de CO2 liées aux conversions des forêts et des prairies (CFP),
  • les émissions de gaz traces autres que le CO2 liées à la combustion sur site en forêt (CSF),
  • les émissions/absorptions de CO2 liées à l’abandon des terres exploitées (ATE),
  • les émissions/absorptions de CO2 par les sols liés aux changements d’affectation des terres et à leur gestion (CATG).

 

Actions

L’ACTION DU GABON EN FAVEUR DE LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS LIÉES À LA FORÊT

A Stockholm en 1972, le Président Omar Bongo ONDIMBA, qui a joué un rôle actif à la Conférence de Rio en 1992, s’est engagé à développer le Gabon de manière durable, en s’appuyant sur les
principes de préservation de l’environnement, de lutter contre les changements climatiques, la désertification et la perte de biodiversité.
Aussi, dès 1973, il dote le Gabon d’un code de l’environnement. En 2001 le Gabon adopte un nouveau code forestier, qui oblige les entreprises à gérer durablement les forêts (plan d’aménagement, rotation de 25-30 ans). En 2002, engagement pris à Rio en 1992, il crée 13 parcs nationaux qui représentent près de 11% du territoire national.
Ces décisions ont eu un impact positif sur les niveaux de déforestation actuelle du GABON, et partant sur les niveaux de stock de carbone de la forêt gabonaise.

LA DÉFORESTATION
Le taux de déforestation annuel au Gabon de 1990-2000 a été 0,026% par an, soit un taux cumulé égal à 0,26% du couvert forestier sur 10 ans. De 2000-2010, sur un échantillon d’environ40% du territoire, le taux de déforestation annuel tombe à 0,004%, représentant une perte totale nette de 0,04% sur dix ans. Sur les deux périodes et sur les 40% de la zone considérée, cela représente une réduction de : 196 T C x 23.700.000 ha x 0,0022 = 10.219.440 Tonne de Carbone (36.789.984 T CO2e).

LA DÉGRADATION DES FORÊTS

Depuis 2006, les permis forestiers de trois sociétés, qui couvrent plus de 2 millions d’hectares, ont été certifiés par FSC (Forest Stewardship Council – www.fsc.org).

La législation actuelle impose des rotations de 25 ans. Dans le passé, la rotation moyenne était comprise entre 10-15ans. L’exploitation de type FSC au Gabon provoque la perte de 4% de la biomasse contre 10% dans une exploitation classique. Les stocks de carbone en moyenne dans les forêts exploitées sont 159 T C ha-1. Lors de deux cycles d’exploitation (25 ans) classique, les émissions sont de l’ordre de 32 TC ha-1 comparé à 7 T C ha-1 pour les forêts certifiées FSC. Ceci représente une économie d’environ 25 x 2.300.000 = 57.500.000 TC ha-1 (207 000 000 T CO2) sur un cycle de 25 ans, soit environ 8,28 millions de tonnes CO2e par an. Si le Gabon impose les normes FSC au reste des 12 millions d’hectares des CFADs (permis forestier d’aménagement durable) existants, cela représenterait une réduction annuelle d’environ 43,2 millions de tonnes de CO2e par an (comparé aux émissions en 2007). En plus de ces émissions réduites, chaque hectare de forêt mature accumule en moyenne 0.77TC/ha/an. Dans les forêts jeunes ou récemment exploitées la moyenne est plutôt de 1 TC /ha / an. Ainsi, sur une rotation de 25ans chaque hectare accumulera environ 75 T CO2e en raison du choix de l’affecter à cette utilisation.

CONSERVATION
Le Gabon a annoncé à Rio + 10 (WSSD) en 2002 la création d’un réseau de 13 parcs nationaux couvrant 3 millions d’hectares. Le processus législatif a abouti en 2007 avec la promulgation de la Loi 03/2007. Parallèlement à ce processus 1,3 million d’hectares de concessions forestières ont été annulé correspondant à un coût d’environ 30 millions de dollars américains. Le réseau des Parcs Nationaux comprend environ 2,5 millions d’hectares de forêts primaires exploitables. A cela s’ajoutent encore 500 000 ha protégés dans les réserves de faune, soit un total de 3 millions d’hectares. Le coût annuel de la gestion de ces zones est estimé à $ 30 millions de dollars américains par an.

Nos études ont montré que les stocks de carbone dans les forêts non exploitées dans le Bassin du Congo-Ogooué, y compris le Gabon, sont 196 C Mg ha-1 en moyenne (184 parcelles), tandisque les forêts exploitées ont en moyenne 159 mg C ha-1 (45 parcelles) – environ 21% de moins.

La création et la bonne gestion des parcs garantiront donc : 3.000.000 x (196-159) = 111 000 000 TC (= 402 260 000 T de CO2e ha-1) d’émissions évitées sur une échelle de 25 ans.

Secteur Habitat

Présentation

ÉTAT DES LIEUX DU SECTEUR HABITAT

Sont désignés comme « villes » au Gabon, tous les chefs-lieux de département en général. Les villes regroupent 33 localités de 3 000 habitants qui constituent aujourd’hui plus de 9/10ème de la population. Cinq villes principales : Libreville, Port-Gentil, Franceville, Oyem et Moanda. Le tableau ci-dessous présente l’évolution dans le temps de la population dans les trois principales villes du Gabon :

 

La situation de l’environnement urbain au Gabon est connue dans ses grandes lignes et peut être caractérisée par une absence de politique pragmatique d’aménagement. Cette situation a entraîné un développement urbain anarchique. La croissance urbaine a eu lieu sur des sites, pour certains inadaptés et malsains. Les inondations concernent plus d’un tiers des constructions.

DE NOMBREUX DÉFIS DOIVENT ÊTRE RELEVÉS POUR COMBLER LES ÉCARTS ENTRE LA DEMANDE ET L'OFFRE A COURT, MOYEN ET LONG TERMES ET GARANTIR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DU SECTEUR 

Ainsi, nonobstant le faible peuplement actuel du pays, les ressources foncières pour l’habitat nécessitent une gestion plus rationnelle face aux demandeurs de logement, qui aspirent tous à de très grandes parcelles avoisinant 500 mètres carrés

La politique foncière actuelle est régie par une législation foncière et domaniale reposant sur une procédure d’attribution à double détente très lourde et inefficace. Un Conseil des ministres tenu au mois de juin 2011 a présenté le plan stratégique « Gabon émergent 20016 » liant habitat et efficacité énergétique.

 

Émissions

ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DANS LE SECTEUR DE L’HABITAT

Dans le secteur de l’habitat, il s’agit d’émissions indirectes. Elles proviennent essentiellement des types de matériaux utilisés et des besoins de consommation d’énergie dus à l’électroménager, mais aussi aux fins de construction. Elles sont aussi comptabilisées au titre résidentiel et représentent 95 Gg de CO2 au même niveau que l’agriculture (98 Gg), l’ensemble derrière le transport (400 Gg). Ces quelques informations indiquent que l’habitat est encore parmi les secteurs d’activité les moins émetteurs (figure ci-dessous).

Émissions des GES dans le secteur de l’habitat (Source : Rapport Carbone 4)

 

Les villes qui se sont développées ne disposent pas de tout-à-l’égout (3% seulement de la population est reliée à l’égout). Les eaux usées , comme les eaux de ruissellement, dont le volume augmente avec l’imperméabilisation du sol, s’écoulent vers l’aval pour finir par stagner dans une flaque, un marigot ou dans un puisard. De même, la question de l’évacuation des déchets solides et de leur traitement restent une préoccupation majeure pour les autorités et les populations.

Le rapport du Profil Environnement Pays pour le Gabon (mai 2007), donne un taux de mis en décharge de 0,96 kg / pers / jour. une autre étude réalisée par le PAPSUT en 2001 donne un volume de déchets de 605 670 m3 soit 357 345,3 tonnes (masse volumique des déchets domestiques en vrac 0,59 t / m3) collecté pendant 33 mois (février 1996 à décembre 1998). La quantité journalière de déchets collectée est estimée à environ moins de 400 tonnes / jour. Finalement le taux de mise en décharge a été calculé sur la base des informations collectées sur la commune de Libreville.

Le tableau et la figure ci-dessus montrent les résultats des émissions du secteur des déchets par source et par gaz. Comme on le voit, la principale source émettrice est la source des déchets solides municipaux. Elle est suivie par la gestion des eaux usées. L’incinération des déchets est insignifiante à coté de ces deux sources.

Dans le secteur de l’habitat, il s’agit d’émissions indirectes. Elles proviennent essentiellement des types de matériaux utilisés et des besoins de consommation d’énergie dus à l’électroménager, mais aussi aux fins de construction. Elles sont aussi comptabilisées au titre résidentiel et représentent 100,2 Gg en CO2 devant l’agriculture (98,6 Gg ) et après le transport (403,1 Gg ). Ces quelques informations indiquent que l’habitat est encore parmi les secteurs d’activité les moins émetteurs.

Actions

ACTIONS CLIMAT

  • Réaliser l’inventaire des sources d’émission de tous les pans du secteur habitat;
  • Généraliser le développement d’un type d’habitat moins énergivore à l’horizon 2012 (architecture verte, orientation des maisons, etc.) ;
  • Favoriser l’utilisation du bois dans la construction des bâtiments administratifs;
  • Améliorer l’efficacité énergétique dans les bâtiments administratifs et l’éclairage public;
  • Engager d’ici 2012 la rénovation de tous les bâtiments de l’État et des établissements publics afin de réduire leur consommation énergétique et leur émission de GES;
  • Accompagner et mobiliser les professionnels du secteur habitat dans les domaines de formations environnementales.

Dans le secteur de l’habitat, il s’agit d’émissions indirectes. Elles proviennent essentiellement des types de matériaux utilisés et des besoins de consommation d’énergie dus à l’électroménager, mais aussi aux fins de construction. Elles sont aussi comptabilisées au titre résidentiel et représentent31 100,2 Gg en CO2 devant l’agriculture (98,6 Gg ) et après le transport (403,1 Gg ). Ces quelques informations indiquent que l’habitat est encore parmi les secteurs d’activité les moins émetteurs.

 

Secteur Énergie

ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION DE GAZ NATUREL

La production historique de gaz naturel au Gabon provient essentiellement du gaz associé à la production pétrolière. En effet, un nombre très limité de champs de gaz non-associé (moins de 10) est en exploitation à côté d’une centaine de champs pétroliers. Le gaz naturel joue actuellement un rôle marginal dans l’économie gabonaise.

LA PRODUCTION D'ELECTRICITÉ 

Les études du « Plan électricité Gabon Émergeant » montrent que l’offre d’électricité est redevenue structurellement déficitaire depuis quinze ans. Après une décennie d’investissements entre 1975 et 1986 qui se sont matérialisés par la construction de 5 barrages hydroélectriques majeurs, les efforts d’investissement ont considérablement ralenti les dix années suivantes. La reprise des investissements suite à la mise sous concession a été insuffisante face à l’évolution rapide de la demande d’électricité. Les choix d’investissements réalisés ces dix dernières années ont conduit à des choix coûteux de production avec une part de plus en plus importante d’électricité produite par des moyens thermiques qui présentent l’avantage de pouvoir être mobilisés à court terme mais apparaissent très couteux à l’exploitation.

Ainsi, l’offre s’est à la fois détériorée et le coût de l’électricité a augmenté substantiellement laminant les marges du concessionnaire. L’état a dû se substituer au concessionnaire pour prendre en charge les investissements dans la production e le réseau. Pourtant, le Gabon dispose d’importantes ressources énergétiques qui restent largement sous-exploitées. Seuls 2% de son riche potentiel hydroélectrique (6 000 MW) est exploité et l’importante disponibilité de biomasse forestière n’est pas valorisée. Le secteur électricité joue un rôle marginal dans l’économie gabonaise, il contribue seulement à 1% au PIB

A ce jour, les études récentes font constater que la production électrique est actuellement répartie 50/50 entre filières hydraulique et thermique. Mais depuis une vingtaine d’années, la croissance de la demande d’électricité est essentiellement satisfaite par la filière thermique. Depuis une dizaine d’années, la croissance de la filière thermique est assurée par les combustibles pétroliers, la génération à partir de gaz restant stable.

LA PRODUCTION PÉTROLIÈRE

Le pétrole joue aujourd’hui un rôle prépondérant dans l’économie gabonaise. Il contribue à hauteur de 49% au PIB et fournit 60% des recettes budgétaire de l’état.

La production pétrole du Gabon se situe actuellement aux environs de 244 000 baril / jour. Cette production est passée par un maximum entre 1996-1997 avec 365 000 baril / jour.

ÉTAT DES LIEUX DES SECTEURS ÉNERGIE ET MINES

L’état des lieux concerne les activités de consommation des produits pétroliers, de gaz naturel, d’énergie électrique ainsi que les activités d’extraction minières.

LA PRODUCTION PÉTROLIÈRE
Le pétrole joue aujourd’hui un rôle prépondérant dans l’économie gabonaise. Il contribue à hauteur de 49% au PIB et fournit 60% des recettes budgétaires de l’état. La production pétrolière du Gabon se situe actuellement aux environs de 244 000 baril / jour.Cette production est passée par un maximum entre 1996-1997 de 365 000 baril / jour.

Évolution de la production pétrolière passée

 

L’ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION DE GAZ NATUREL

La production historique de gaz naturel au Gabon provient essentiellement du gaz associé à la production pétrolière. En effet, un nombre très limité de champs de gaz non-associé (moins de 10) est en exploitation à côté d’une centaine de champs pétroliers. Le gaz naturel joue actuellement un rôle marginal dans l’économie gabonaise.

 

Production gazière et pétrolière

 

Au-delà des incertitudes statistiques de production, et bien que le GOR (Gas Oil Ratio ou ratio gaz / huile) soit très variable d’un champ pétrolier à l’autre, on peut retenir que la production nationale de gaz est étroitement corrélée à la production pétrolière. Un ratio variant entre 25 à 30 m3 de gaz par baril de pétrole peut être retenu.

PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ

Les études du « Plan électricité Gabon Émergeant » montrent que l’offre d’électricité est redevenue structurellement déficitaire depuis quinze ans. Après une décennie d’investissements entre 1975 et 1986 qui se sont matérialisés par la construction de 5 barrages hydroélectriques majeurs, les efforts d’investissement ont considérablement ralenti les dix années suivantes. La reprise des investissements suite à la mise sous concession a été insuffisante face à l’évolution rapide de la demande d’électricité. Les choix d’investissements réalisés ces dix dernières années ont conduit à des choix coûteux de production avec une part de plus en plus importante d’électricité produite par des moyens thermiques qui présentent l’avantage de pouvoir être mobilisés à court terme mais apparaissent très couteux à l’exploitation.

Ainsi, l’offre s’est à la fois détériorée et le coût de l’électricité a augmenté substantiellement laminant les marges du concessionnaire. L’État a dû se substituer au concessionnaire pour prendre en charge les investissements dans la production e le réseau. Pourtant, le Gabon dispose d’importantes ressources énergétiques qui restent largement sous-exploitées. Seuls 2% de son riche potentiel hydroélectrique (6 000 MW) est exploité et l’importante disponibilité de biomasse forestière n’est pas valorisée. Le secteur électricité joue un rôle marginal dans l’économie gabonaise, il contribue seulement à 1% au PIB.

A ce jour, les études récentes font constater que la production électrique est actuellement répartie 50/50 entre filières hydraulique et thermique. Mais depuis une vingtaine d’années, la croissance de la demande d’électricité est essentiellement satisfaite par la filière thermique. Depuis une dizaine d’années, la croissance de la filière thermique est assurée par les combustibles pétroliers, la génération à partir de gaz restant stable.

Émissions

ÉMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE DU SECTEUR ÉNERGIE

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur énergie sont extraites de la Seconde Communication Nationale du Gabon publiée à la 17ème COP de Durban 2011, l’année de base étant 2000.

Les émissions de CO2 liées à la combustion de biomasse ainsi que les émissions de GES induites par les soutes internationales sont indiquées dans le tableau suivant :

Émissions en GgCO2CH4N2oCO2eNOXCOCOVNMSO2
Total des émissions du secteur de l’énergie5064,9410,030,085300,927,5323,144,047,67
1.A Combustion (méthode sectorielle)1418,940,300,021430,717,5323,143,667,10
1.A.1 Industries énergétiques556,500,020,00557,821,520,150,041,83
1.A.2 Industries manufacturières et de construction225,600,000,01227,910,603,440,062,52
1.A.3 Transport400,540,050,01403,083,4615,212,931,64
1.A.4 Autres secteurs236,270,200,00241,911,884,340,631,11
a Commerces et institutions42,950,010,0043,190,060,010,00
b Ménages95,140,190,00100,160,202,980,36
c Agriculture/ Foresterie / Pêche98,180,010,0098,571,511,350,27
1.A.5 Autres ( spécifier)NONONONONONONONO
1.B. Émissions fugitives3646,019,730,063870,20NENE0,380,57
1.B.1 Énergies solidesNONONONONONONONO
1.B.2 Gaz naturel et pétrole3646,019,730,063870,20NENE0,380,57
Pour mémoire 
Combustibles de soute utilisés dans les transports internationaux201,400,010,06202,692,511,530,350,83
Transports maritimes102,230,0070,001102,642,091,390,280,54
Transports aériens99,170,0010,003100,060,420,140,070,19
Émissions de CO2provenant de la biomasse155,16       
Emissions du secteur énergie (Gg CO2e)

 

Il est constaté que le torchage du gaz associé est la principale source d’émission du secteur énergie avec près de 71% des émissions. Puis viennent les industries énergétiques avec 10,5% et les transports avec 7,6%. Tous les autres secteurs cumulés ne représentent que 8,9% des émissions dont 50% pour les industries manufacturières.

Comme le montre la figure ci-dessous, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) dominent les émissions de GES du secteur de l’énergie avec 96% du total. Les émissions de méthane (CH4) représentent seulement 4% alors que celles de N2O sont négligeables.

 

Dans les résultats des inventaires de gaz à effet de serre du secteur énergie, tirés de la Seconde Communication Nationale dans le secteur de l’énergie, les émissions de CO2 sont estimées à 1 430 Gg CO2e issus des combustibles auxquels s’ajoutent les 3 870Gg CO2e issus des émissions fugitives dont le torchage de gaz associés dans les champs pétroliers et la raffinerie, soit un total d’émissions de 5300Gg CO2e en 2000 dans ce secteur.

 

Actions

STRATÉGIE DE MAITRISE DES ÉMISSIONS DANS LE SECTEUR DES HYDROCARBURES
Des études récentes, principalement celles réalisées dans le cadre de la préparation de l’élaboration du Plan Climat, indiquent que l’extraction pétrolière contribue à plus de la moitié des émissions nationales de gaz à effet de serre hors forêts, essentiellement à travers le torchage du gaz naturel associé à l’extraction.

POLITIQUE DE RÉDUCTION DU TORCHAGE ET DE VALORISATION DU GAZ ASSOCIÉ
Comme constaté dans la Seconde Communication Nationale (année de base est 2000), les études récentes, réalisées pour l’élaboration du Plan Climat confirment que le torchage du gaz dans les champs pétroliers constituait encore, en 2007, l’essentiel des émissions du secteur Énergie.

Émissions de GES d’origine énergétique en 2007. (Source : Ministère des Hydrocarbures et Ministère de l’Energie/Rapport Carbon4 2011)

 

Pour allier le développement économique et la participation à l’effort mondial réduction des volumes de gaz torchés, les administrations, les sociétés pétrolières en production, le Conseil National sur les Changements Climatiques se sont réunis le 11 novembre 2011 à Libreville Sous la Présidence du Ministre en charge des Hydrocarbures et en présence du représentant du Global Gas Flairing Réduction (GGFR initiative de la Banque Mondiale), aux fins de faire le point sur les Plans de Réduction de Torchage de chaque opérateur. Ces plans constituent le fondement du Plan National de Réduction du Torchage et de valorisation du gaz associé.

Cette réunion a permis d’arrêter ce qui suit :

  • tous les opérateurs s’accordent à réduire le torchage jusqu’à un niveau aussi bas que possible;
  • la réduction la plus significative et la plus importante est prévue en 2014 ;
  • l’Administration, avec les services d’un Consultant international et les guides de bonne pratique du GGFR, inspectera les Plans et fixera le « seuil fatal» de torchage champs par champs en tenant compte des spécificités. Les résultats de cet exercice sont attendus à la fin du premier semestre 2012 ;
  • tous les nouveaux projets de développement prendront en compte l’interdiction de torchage continu à l’exception des raisons de sécurité ou de période de tests ; des seuils de torchage seront autorisés en cas de nécessité ;
  • les opérateurs ne pratiqueront plus un torchage continu, le seuil de torchage fatal sera atteint d’ici 2015 pour la majeure partie des champs pétroliers.

LE PLAN NATIONAL DE RÉDUCTION DU TORCHAGE DE GAZ SUR LES CHAMPS PÉTROLIERS

En 2009, le Gouvernement de la République a pris la décision d’interdire le torchage continue du gaz associé. Cette décision a été complétée par un autre texte qui fixe des pénalités en cas de non respect. Si le premier Arrêté confirme la volonté du Gabon à participer à l’effort mondial de réduction du volume de gaz torché, le deuxième texte connait quelques difficultés d’application. En effet, les difficultés techniques et économiques ont conduit certains opérateurs à solliciter des dérogations le temps de programmer les investissements y relatifs. Fort de ce qui précède, le Comité de Gestion du Conseil National sur les Changements Climatiques travaille actuellement avec le Ministère chargé des Hydrocarbures pour mettre en œuvre, avec les opérateurs en production, le Plan National de Réduction du Gaz Torché en vue de sa valorisation pour accroitre les recettes de l’état. Ce plan sera réalisé conformément à la « norme d’application volontaire pour la réduction du volume mondial de gaz torché ou rejeté dans l’atmosphère » mis en place par l’initiative de la Banque Mondiale, le GGFR (Global Gas Flaring Réduction) dans laquelle le Gabon et certains opérateurs pétroliers ont adhéré. Les seuils de « torchage fatal » seront déterminés champ par champ puis, suivant les bonnes pratiques, une nouvelle réglementation sera élaborée. Par rapport à la situation actuelle d’un volume annuel de torchage de l’ordre de 1,6 Gm3 (Milliards m3). Les études récentes, réalisées dans le cadre de l’élaboration du Plan Climat montrent que la mise en œuvre des différents plans de réduction par les opérateurs devraient se traduire par une réduction de l’ordre de 1 Gm3 d’ici 2015, soit plus de 60% de réduction. Outre les projets de valorisation de gaz, le Plan National de Réduction du torchage encourage la réinjection du gaz dans les puits ainsi que la facilitation des accords pour la fourniture du gaz entre les sociétés excédentaires et déficitaires pour les besoins d’opérations. Dans le projet de Code des Hydrocarbures en cours d’élaboration, le torchage continu pourrait être interdit. Toutefois, des autorisations sont prévues et leur délivrance tiendra compte de la réglementation y relative. Pour les textes d’application qui sont en cours d’élaboration, la réduction du torchage sera de mise. Un cadre fiscal approprié accompagnera les projets de valorisation du gaz associé. Globalement, les prévisions de réduction de torchage seront significatives d’ici 2015 et se présentent, comme suit :

Prévision de réduction du torchage au Gabon d’ici 2015 (Source : Rapport Carbone 4)

 

 

Secteur Agricole

Présentation

Au regard des conditions agro-écologiques du pays (climat, ressources en eaux), le Gabon dispose d’un potentiel agricole très important pour une diversité de produits tropicaux, mais très largement sous-exploité. Le pays ne satisfait aujourd’hui qu’environ 40% des besoins alimentaires par sa production locale.

Le territoire Gabonais est occupé à 88% par la forêt, mais abriterait potentiellement 6 millions d’ha de terres à vocation agricole. Les surfaces agricoles exploitées occupent moins d’1% de la superficie du territoire (environ 250 000 ha en l’an 2000).

La production agricole est en déclin continu, avec un poids décroissant dans l’économie passant de 15% du PIB dans les années 1960, à moins de 5% en 2002 et à peine 1% aujourd’hui. L’agriculture
n’occuperait qu’un sixième de la population du Gabon et continue d’année en année à perdre des actifs en raison d’un exode rural qui semble s’accélérer. La population rurale (force de travail) qui porte l’agriculture est vieillissante et ne bénéficie pas encore de méthodes de production moderne (mécanisation, engrais semences sélectionnées) permettant d’augmenter les surfaces et les rendements.

Aujourd’hui l’agriculture est concentrée dans les zones d’attraction des grandes villes. L’agro-industrie représentée par quelques entreprises agro-industrielles (héritières des fermes d’Etat) représente aujourd’hui la seule offre locale dans quelques filières tournées essentiellement vers le marché intérieur (sucre par SUCAF-Gabon, palmier à huile et hévéa par OLAM et SIAT, meunerie et aviculture par la SMAG….)

Le secteur de l’élevage n’est pas mieux loti. Il reste un maillon faible, caractérisé par un niveau très faible d’autosuffisance et une dépendance d’importations en forte croissance. Les productions
sont focalisées sur les filières d’élevage à cycle court (aviculture, élevage porcin) avec une ferme d’élevage bovin géré par la SIAT mais ne constituant aujourd’hui qu’une offre de nichedans le marché gabonais). La SMAG dans le secteur de l’élevage (production annuelle de 40 millions d’œufs), apparaît comme la seule grande exploitation dominant son marché, sans cependant
atteindre une autosuffisance qui reste toutefois à portée de main. Le potentiel du Gabon dans l’élevage, se situe plutôt dans les filières d’élevage à cycle court. Les filières d’élevage deruminants sont handicapées par la position du Gabon dans une zone endémique de trypanosomiases.

En 2009, le Gabon a dépensé près de 250 milliards de F CFA en importations alimentaires composées principalement de riz, de viande, de produits laitiers et d’huile.

Émissions

LES ÉMISSIONS LIÉES AU SECTEUR AGRICOLE

Sur la base de la méthodologie du GIEC, le secteur de l’Agriculture prend en compte les émissions de gaz à effet de serre issues du cheptel domestique (fermentation entérique et gestion du
fumier, le brûlage dirigé des savanes, le brûlage sur place des résidus agricoles et les sols cultivés).

Le calcul des émissions a été fait avec l’aide du logiciel CCNUCC. Le tableau suivant présente les résultats obtenus.

Émissions de GES dans l’agriculture

Au vu des résultats du tableau ci-dessus, il ressort que les émissions de N2O des sols contribuent à la majeure partie des émissions de GES de l’agriculture en raison d’une part importante des animaux en pâture et d’une production principalement basée sur les volailles, peu émettrices de méthane. Le brûlage de la savane intervient en seconde source du fait d’émissions de méthane élevées. L’ensemble de l’agriculture contribue à hauteur de 362,8 Gg CO2e aux émissions de GES du Gabon.

Actions

LES ACTIONS CLIMAT DU GABON DANS LE SECTEUR DE L’AGRICULTURE

Afin de maîtriser les émissions de GES dues à la déforestation et de réduire la vulnérabilité des terres agricoles, il est indispensable que le pays se dote d’un plan d’affectation des terres. C’est pourquoi il est envisagé, dans le cadre du programme de développement du pays « Gabon Émergent » la mise en œuvre des actions suivantes :

AXE 1 : RENFORCER LE CADRE INSTITUTIONNEL RÉGLEMENTAIRE

Programme 1: Reforme du cadre institutionnel réglementaire
Projet 1Actualisation du cadre réglementaire
Objectif :
Mettre à jour les textes de loi et d’orientation du gouvernement et les adapter à l’ambition de développement du secteur agricole.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Prise en compte du Plan d’affectation des terres

AXE 2 : AMÉNAGER LES TERRES AGRICOLES ET DÉVELOPPER LES INFRASTRUCTURES ASSOCIÉES

Programme 2 : Inventaire, caractérisation et aménagement des terres agricoles
Projet 1Inventaire et élaboration de la carte pédologique des terres agricoles
Objectif :
Disposer d’une cartographie à l’échelle du pays, des terres à vocation agricole avec leurs caractéristiques, permettant de spécialiser les terres et les productions.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Mise à jour de la carte agro-pédologique et de la carte agricole, prise en compte dans le Plan d’affectation des terres
Projet 2Aménagement des terres agricoles et infrastructures de soutien
Objectif :
Disposer d’un plan d’Aménagement des territoires agricoles du Gabon et d’un plan d’infrastructure associé, support d’une agriculture compétitive et spécialisée.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Étude d’impact sur la déforestation et prise en compte dans le Plan d’affectation des terres

AXE 3 : ACCROÎTRE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Programme 3 : Développement de l’agriculture périurbaine et des cultures vivrières intensives
Projet 7Généralisation des ceintures périurbaines de sécurité alimentaire
Objectif :
Assurer de façon pérenne une offre de produits vivriers diversifiés à proximité des chefs lieu de provinces et générer des revenus pour les populations périurbaines pauvres sans emploi.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Prise en compte du Plan d’affectation des terres en relation avec la vulnérabilité
Projet 8Développement des filières vivrières intensives
Objectif :
Développer la production intensive dans des plaines aménagées pour renforcer l’offre de produits vivriers et de réduire de façon importante les importations agricoles.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Plan d’affectation des terres et évaluation des facteurs d’émission
Projet 9Création des six fermes agropastorales
Objectif :
Développer l’offre locale de légumes et viande par la mise en place des fermes modernes (fermes-mères et fermes-écoles).
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Évaluation des émissions et maîtrise des émissions
Projet 10Développement d’un élevage avicole intégré de poulet de chair
Objectif :
Réaliser l’autosuffisance du Gabon en viande de poulet avec un objectif 25 000 tonnes en 2016.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Évaluation des émissions et maîtrise des émissions

AXE 4 : DÉVELOPPER LES FILIÈRES AGRO-INDUSTRIELLES D’EXPORTATION

Programme 4 : Développement filières agroindustrielles d’exportation
Projet 11Développement de la filière Palmier à Huile (OLAM)
Objectif :
Accroître la présence de plantations villageoises dans les filières de cultures industrielles de palmier à huile dans le cadre du projet OLAM
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Prise en compte du Plan d’affectation des terres et Evaluation des facteurs d’émissions
Projet 12Développement de la filière hévéa
Objectif :
Atteindre une production d’au moins 60.000 tonnes de caoutchouc à l’horizon 2016 avec une forte présence des plantations villageoises
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Prise en compte du Plan d’affectation des terres et Evaluation des facteurs d’émissions
Projet 13Relance de la filière Café -Cacao
Objectif :
Atteindre à l’horizon 2016, une production d’au moins 4 000 tonnes de cacao et café.
Responsable : Ministère de l’Agriculture
Action Climat : Plan d’affectation des terres

 

Le programme « Gabon Émergent » fixe des ambitions très importantes au secteur agricole, à savoir « de diviser par quatre ses importations alimentaires et de rétablir une autosuffisance en
produits vivriers, halieutiques et d’élevage, et de devenir un exportateur net de produits agro-industriels ».